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« Plus de taux et de temps avec la monotraite »

Les associés Ludovic Orain et Jérémy Vail ne regrettent pas d'être passés en monotraite.

Le Gaec de la Rousselière pratique la monotraite et a relevé les taux à 43/35 pour optimiser la matière utile en transformation fromagère et simplifier le travail.

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Au départ, c’était un simple essai mais, après y avoir goûté, ils ne reviendront pas en arrière. La monotraite des 50 montbéliardes et croisées jersey et normande a été mise en place au Gaec de la Rousselière en 2020, pour toute l’année. Les associés Ludovic Orain et Jérémy Vail sont installés en bio à Châteaubriant (Loire- Atlantique).

Libérer du temps pour faire tourner l’atelier de transformation

Avec la transformation de 100 000 litres de lait en fromages fermiers sur les 200 000 produits annuellement, la concentration en matière sèche utile du lait grâce à la monotraite est un atout. Deuxième avantage : le gain de temps pour faire tourner l’atelier de transformation et pour la vie personnelle.

Un fournil complète l’activité du Gaec, qui emploie 7,5 équivalents temps plein, répartis entre animaux, cultures, transformation, boulangerie et vente directe. Les exploitants cherchent un nouveau salarié et étudient la transformation du Gaec en Scop (1).

Ludovic chiffre l’avant-après : « Nous avions un niveau d’étable de 6 200 kg à 41 de taux butyreux et 32 de taux protéique (41/32). Avec la monotraite, nous sommes passés à 4 200 kg par vache pour un lait à 43/35. » Économiquement, la baisse de volume est compensée par la matière utile.

Le Gaec transforme la matière grasse en crème et beurre et le bon taux de matière protéique améliore le rendement fromager. Biolait, qui collecte les 100 000 litres restants, « valorise bien les points de matière supplémentaires », rapporte l’éleveur. Il note aussi que ses animaux ont des états d’engraissement plus élevés.

Baisse de 30 %

La principale étape pour passer en monotraite « est psychologique », sourit Ludovic. D’autant qu’il est toujours possible de changer son fusil d’épaule. Les éleveurs ont arrêté la double traite du jour au lendemain, et constaté dès le deuxième soir que les vaches ne venaient plus à la barrière. À partir de là, elles ont baissé leur production naturellement d’environ 30 %. Elles sont aussi moins gourmandes : « Nous avons recalculé légèrement à la baisse les besoins en stock fourrager. »

Seul désavantage au niveau alimentaire, l’accès à l’auge une seule fois par jour autour de la traite l’été, quand le pâturage manque. « Il est plus délicat de maintenir un régime équilibré entre ration et pâturage », rapporte Ludovic. Les mammites sont également plus dures à gérer avec la fréquence de traite réduite. L’éleveur conseille de se lancer en monotraite sur un troupeau sain.

Dans le même temps, le Gaec a misé sur des lactations longues pour quelques lignées de vaches au bon potentiel. Ce choix participe à gonfler les taux du lait à moindres frais. « Certaines vaches tiennent jusqu’à 400 à 500 jours sans problème. D’autres sont autour de 300 jours. »

Les éleveurs sont satisfaits de ne travailler que trois heures le week-end grâce à leur système. « Une fois qu’on a goûté à cette pratique de laisser les vaches au champ le soir, on n’a pas envie de rétropédaler. » Claire Charrassin

(1) Société coopérative ouvrière de production.

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